Le site BrixHub compile plus de 11 milliards d’enregistrements personnels issus d’anciennes fuites de données touchant la France, la Belgique et la Suisse. Ce service de type « lookup » ne pirate pas directement les serveurs : ses administrateurs achètent des bases dérobées sur le darknet puis les regroupent au sein d’une interface unique. En saisissant un simple nom, n’importe qui accède en clair à des adresses postales, numéros de téléphone, plaques d’immatriculation, IBAN et numéros de sécurité sociale.
Pour monétiser l’audience, la plateforme vend des abonnements allant de 10 euros par mois à 90 euros à vie, tout en s’ouvrant régulièrement en accès libre sous prétexte de maintenance technique. Le modèle économique pousse le cynisme plus loin : BrixHub propose aux internautes fichés d’acheter des crédits, dès 5 euros pour 10 fiches, pour retirer leurs propres informations du catalogue. Cette pratique s’apparente à un chantage numérique où rien ne garantit l’effacement définitif des archives stockées par les administrateurs.
Le regroupement de ces données facilite les arnaques au faux conseiller bancaire, les campagnes d’hameçonnage chirurgicales et les prélèvements SEPA frauduleux ouverts sans vérifications poussées. Face à cette menace directe pour les citoyens, le gouvernement français a réagi : la ministre déléguée au Numérique a transmis un signalement au procureur de Paris au titre de l’article 40 du code de procédure pénale pour détention et extraction frauduleuses de données.
Si votre nom apparaît sur cette plateforme, ne payez sous aucun prétexte pour réclamer un retrait : alimenter ce modèle financier encourage les gestionnaires à réinjecter vos données sous un autre nom de domaine. Surveillez plutôt vos relevés bancaires, révoquez tout mandat de prélèvement suspect et redoublez d’attention face aux SMS ou appels téléphoniques mentionnant vos informations personnelles avec exactitude.
Cet article a été modifié pour la dernière fois le 7 octobre 2026 9h41