Interroger un grand modèle linguistique impose souvent de confier son historique de frappe et son identité numérique aux géants de la tech. Pour contourner ce compromis, DuckDuckGo déploie ses abonnements Duck.ai Plus et Duck.ai Pro. Le principe repose sur un serveur mandataire (proxy) qui se charge d’anonymiser chaque requête avant de la transmettre aux infrastructures d’Anthropic ou d’OpenAI. Tour d’horizon technique des modèles embarqués, du protocole de confidentialité appliqué et des limites de cette interface.
L’infrastructure de Duck.ai ne fait tourner aucun modèle propriétaire sur ses propres machines. L’outil fonctionne comme une passerelle d’anonymisation technique. Quand vous soumettez une question, DuckDuckGo supprime l’ensemble des métadonnées d’identification, à commencer par votre adresse IP publique, avant d’acheminer le texte vers l’API du prestataire sélectionné. Pour OpenAI ou Anthropic, l’appel réseau provient exclusivement des adresses IP du moteur de recherche, coupant ainsi le lien direct avec votre machine.
Sur le plan contractuel, DuckDuckGo s’appuie sur des accords stricts avec chaque fournisseur d’intelligence artificielle :
Pour les modèles hébergés par le spécialiste Tinfoil (comme gpt-oss-120b ou Gemma 4 31B), le système va un cran plus loin via le calcul confidentiel : les requêtes sont exécutées au sein d’enclaves matérielles chiffrées. Tinfoil ne peut donc pas inspecter le contenu des prompts.
Attention toutefois au traitement des pièces jointes : les photos et documents téléversés ne bénéficient pas d’un chiffrement de bout en bout. Ils passent d’abord par un prestataire de modération automatisée chargé de repérer les contenus pédopornographiques (CSAM). En cas d’alerte avérée, les fichiers sont conservés et remis aux autorités judiciaires compétentes. Enfin, DuckDuckGo étant domicilié aux États-Unis, la structure reste soumise au Cloud Act américain.
L’accès à Duck.ai se décline selon trois paliers distincts, sans imposer de création de compte pour la version de base.
| Formule | Tarif mensuel | Modèles inclus | Fonctionnalités associées |
|---|---|---|---|
| Gratuit | 0 € | Claude 4.5 Haiku, Mistral Small 4, GPT-5.4 mini / nano, gpt-oss-120b, Gemma 4 31B | Utilisation sans compte, stockage local des discussions, génération d’images avec quotas. |
| Plus | 9,99 € | Tous les modèles gratuits + Claude Sonnet 4.6, GPT-5.4 | VPN sans journaux d’activité, suppression de données personnelles, protection de l’identité. |
| Pro | 19,99 € | Tous les modèles précédents + Claude Opus 4.8, GPT-5.6 Sol | Quotas d’usage doublés, raisonnement avancé, suite complète d’outils de confidentialité. |
Le niveau Pro permet ainsi de manipuler des moteurs de premier ordre comme Claude Opus 4.8 ou GPT-5.6 Sol pour une vingtaine d’euros par mois, là où des moteurs de recherche comme Perplexity réservent ce type de modèle très lourd à des forfaits professionnels facturés autour de 200 dollars.
Sur le plan rédactionnel et logique, le service restitue fidèlement les capacités brutes des modèles connectés. L’outil sait également générer des images et modifier des visuels existants en s’appuyant sur GPT Images 2.0. La recherche web intégrée s’avère précise et référence directement ses sources dans le corps du texte.
L’ergonomie générale reste cependant minimaliste :
Par défaut, l’historique de discussion reste stocké localement dans la mémoire du navigateur, avec la possibilité d’effacer l’ensemble des traces d’un simple clic grâce au bouton de purge (Fire Button). L’activation de la synchronisation entre plusieurs appareils demeure facultative. Duck.ai Pro constitue ainsi une passerelle sobre pour exploiter des modèles sans compte individuel chez les fournisseurs d’IA, au prix d’un environnement de travail volontairement dépouillé.
Cet article a été modifié pour la dernière fois le 26 septembre 2026 17h19