L’IFPI remet une pièce dans la machine. La fédération internationale de l’industrie phonographique vient d’inscrire le célèbre outil en ligne de commande yt-dlp sur sa liste noire européenne de surveillance du piratage. Pour le lobby du disque, le logiciel ne sert qu’à siphonner les morceaux de YouTube, Spotify ou SoundCloud pour les convertir en MP3, contournant au passage les DRM et les revenus des plateformes de streaming.

Sauf que réduire yt-dlp à une vulgaire pompe à musique pirates, c’est passer à côté de ce qu’est vraiment cet outil open source. Développeurs, journalistes, archivistes du web et simples bidouilleurs l’utilisent tous les jours pour sauvegarder des vidéos institutionnelles, faire des copies de cours en ligne ou récupérer des flux sous licence libre. Le script n’héberge aucun contenu illégal : il analyse simplement les flux publics distribués par les serveurs des plateformes.
Cette offensive n’a rien d’inédit, mais elle montre que les ayants droit durcissent le ton auprès de la Commission européenne. Le but de la manœuvre consiste à faire pression sur les hébergeurs de code comme GitHub et les fournisseurs d’accès internet pour forcer des blocages DNS, voire exiger la suppression pure et simple du dépôt, comme la RIAA avait déjà tenté de le faire sans succès en 2020 avec youtube-dl.
Pour l’instant, le projet reste accessible et continue de recevoir des correctifs quasi quotidiens pour contourner les limitations techniques imposées par YouTube. Reste à voir si Bruxelles suivra les recommandations des majors du disque ou si le droit à l’archivage et à la recherche prévaudra face aux demandes de blocage préventif.

























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