Microsoft et Nvidia s’associent pour transférer le traitement des modèles d’intelligence artificielle depuis les serveurs distants vers la mémoire de votre ordinateur. Lors de leur conférence commune du 7 octobre, Satya Nadella et Jensen Huang ont présenté une nouvelle architecture logicielle et matérielle bâtie autour de Windows 11.
Au centre des annonces figurent le Surface Laptop Ultra et les ordinateurs portables RTX Spark conçus avec Asus, Lenovo, Dell, HP et MSI. Ces machines intègrent une puce Arm Nvidia à 20 cœurs couplée à un circuit graphique RTX, capable d’embarquer jusqu’à 128 Go de mémoire unifiée pour exécuter des modèles de plusieurs dizaines de milliards de paramètres sans connexion Internet.
Faire tourner des modèles d’envergure en local demande une puissance de calcul inédite pour un poste client. Microsoft introduit ainsi son modèle de code MAI Code 1.1 Flash (130 milliards de paramètres compressés) et adapte DeepSeek V4 Flash, occupant 60 Go d’espace mémoire une fois quantifié à 1,6 bit. Dès le 15 octobre, GitHub Copilot et VS Code basculeront automatiquement les requêtes simples sur la puce de la machine afin de limiter l’usage du cloud, tandis que les opérations plus lourdes resteront gérées sur les serveurs distants. Dans les mois à venir, l’assistant Copilot obtiendra l’autorisation de manipuler les fichiers locaux, de renommer des documents ou d’ajuster des paramètres système après validation de l’utilisateur.
Donner à un agent autonome les mêmes privilèges d’accès qu’à l’utilisateur crée un risque de sécurité immédiat. Pour y répondre, Windows 11 intègre en version finale le bac à sable MXC (Microsoft Execution Containers). Cette technologie attribue une identité distincte à chaque agent logiciel et isole strictement son accès aux répertoires de travail et aux flux réseau. Si un script frauduleux se dissimule dans une page web, l’antivirus Windows Defender coupe l’accès de l’agent sans interrompre la session de l’utilisateur.
Le tableau matériel s’accompagne toutefois de limites techniques précises. En adoptant l’architecture Arm pour la puce RTX Spark, Microsoft s’appuie sur une couche d’émulation pour les logiciels x86. Si des centaines de titres fonctionnent dès la sortie aux côtés d’un nouveau connecteur magnétique USB-C Magnetic Connect, la franchise Call of Duty ne fonctionnera pas sur ces machines avant 2027. Surtout, la plupart des fonctionnalités présentées exigent au minimum 64 à 128 Go de mémoire vive, ce qui réserve d’abord ces ordinateurs aux développeurs et aux professionnels prêts à investir dans du matériel très onéreux.


























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