TikTok a accepté de verser 100 millions de dollars pour solder des poursuites judiciaires engagées par plusieurs États américains, qui accusaient l’application d’alimenter une dépendance néfaste chez les mineurs. Au-delà du volet financier, le règlement impose à ByteDance d’intégrer des restrictions techniques directement dans son application mobile.
Les comptes appartenant à des utilisateurs de moins de 18 ans recevront ainsi un blocage automatique après 60 minutes d’utilisation quotidienne. Pour continuer à faire défiler des vidéos, l’adolescent devra saisir un code d’accès ou demander une autorisation parentale pour prolonger sa session.
Le dispositif modifie aussi le fonctionnement de l’algorithme de recommandation et la distribution des alertes sur smartphone. Entre 22 heures et 6 heures du matin, l’envoi des notifications push sera suspendu par défaut pour tous les mineurs afin de limiter l’usage nocturne. De plus, les fonctionnalités incitant à une consultation continue, comme la lecture automatique sans fin et les relances ciblées basées sur l’inactivité, devront être atténuées pour ce public. Des outils de contrôle parental plus détaillés permettront également aux familles de définir des plages horaires d’accès et d’obtenir un relevé du temps passé chaque semaine sur la plateforme.
Ces mesures interviennent alors que les plateformes sociales font face à une pression réglementaire des deux côtés de l’Atlantique. Aux États-Unis comme en Europe avec le Digital Services Act (DSA), les autorités ciblent les mécanismes d’engagement jugés trompeurs, notamment le défilement infini et la personnalisation algorithmique agressive. TikTok cherche ici à désamorcer des procès longs et coûteux en acceptant de modifier son code plutôt que de risquer des sanctions répétées devant les tribunaux fédéraux.
Le déploiement technique de ces limitations débutera sur le marché américain d’ici la fin de l’année, avant une probable extension à l’international. L’efficacité réelle de ces garde-fous dépendra toutefois de la capacité du service à vérifier l’âge réel de ses membres, alors que beaucoup de jeunes contournent encore les déclarations de naissance à l’inscription.
Cet article a été modifié pour la dernière fois le 26 septembre 2026 17h55